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DP_Factor2

"Le Facteur d’Amortissement ou Damping Factor"

Dans mon article précédent sur le Damping_Factor, qui date déjà d'il y a 5 ans, j'ai décrit basiquement le sens et la signification du DF; aujourd'hui et après avoir éffectué quelques recherches et surtout après certaines discussions avec des ingénieurs je veux aller beaucoup plus loin... voici donc une actualisation du premier article ; ce premier article reste une bonne lecture pour rentrer dans le sujet mais il reprend en même temps un peu trop naïvement l'argumentation strictement commerciale des constructeurs... voici donc tout ce que les constructeurs ne disent pas....
cet article est accompagné par une feuille de calcul que vous pouvez télécharger ici


introduction - chiffre virtuel ? - valeur réelle ! - impédance/résistance - calculateur - enceinte amplifiée - conclusions

Mais qu’est-ce donc réellement, ce facteur-là ??

Réponse : une valeur dont on parle beaucoup et qui semble être synonyme de grande qualité et bonne tenu de grave, tant que cette valeur soit assez élevé.... mais c'est aussi une valeur finalement virtuelle, vague et fictive - fictive au moins telle qu’on nous présente ce fameux Facteur d’Amortissement aujourd’hui !!

Une valeur souvent détourné à des fins purement commerciales !

Mais certains fabricants d’amplis lèvent peu à peu le voile et commencent à expliquer la réalité des choses ; d’autres, au contraire, restent accrochés à leur argument de vente cheri ! Et c’est vrai : un DF élevé fait tout de suite vendre mieux et donne une (fausse ?) impression de grande qualité !!
Et chez les utilisateurs c’est le doute et la panique : on ne sait plus qui croire et quoi penser ! Au départ tout était pourtant si simple : il fallait que ce "damned Damping Factor" fasse au moins 500 pour être tranquille et tout ce qui se trouvait en dessous était de la camelote pas chère, de la daube quoi… Le doute s’est quand même installé quand Lab-Gruppen sortait des amplis terriblement efficace et avec un DF entre 90 et 130 (jamais publié comme DF mais l’impédance de sortie d'un ampli suffit pour faire le calcul !), D&B donnait du 200 et QSC ne se cachait plus non plus derrière des chiffres monstrueux allant dans les milliers ! Et pourtant tous ces amplis avec un "DF de camelote" coûtent très chers (entre 4000 et 5000 euros) et sont incontestablement très très très bons et performants !
Que diable se passe-t-il ??

Ampli et HP

Pour comprendre de quoi il s’agit, il nous faut d’abord un peu de théorie (mais rassurez vous, ça reste compréhensible pour tout le monde – débutants y compris) ! Si vous avez lu et assimilé le premier article, sautez directement au chapitre suivant !

La bobine d’un HP est généralement excitée par une tension électrique (venant de l’ampli) ce qui fait bouger la membrane et ce qui produit finalement du son.
Quand la tension s’arrête (quand l’ampli n’envoie plus de signal/tension) comme par exemple après un coup de grosse caisse ; la membrane du HP continue quand même encore un peu à bouger (à cause de son inertie - pour comprendre allez voir ici) - et plus la membrane est grande plus elle va "traîner" avant de s’arrêter.
=> pour le dire en une seule phrase simple: Une fois qu’on a poussé un truc pour le mettre en mouvement il ne suffit pas d’arrêter de pousser pour que le truc s’arrête immédiatement lui aussi ; il faut le freiner !!

En plus, ces mouvements intempestifs de la membrane ont aussi la fâcheuse conséquence de produire une tension dans la bobine – on parle de force contre-électromotrice ou FCEM (eh oui, c’est comme si le HP devenait un générateur – ou comme un microphone) et l’ampli n’aime pas du tout qu’on lui renvoie du jus dans sa sortie (et à contresens).
Quand vous voyez une membrane de HP faire des mouvements ressemblants à du linge dans le vent ou à un poisson qu’on sort de l’eau, c’est que vous avez un sérieux problème (et très probablement un très mauvais son !)
Ces mouvements libertins sont normalement amortis et freinés par deux facteurs : le freinage mécanique comme par le spider du HP ou par la pression d’air qui pèse sur la membrane (surtout valable pour les hautes fréquences et les petits mouvements de membrane) et puis le freinage électrique => le fameux DF – très important pour les basses fréquences, car plus on descend dans le grave, plus la membrane a d’élan et plus elle est difficile à freiner...!

Pour couper court à ces mouvements inutiles et même très gênants pour le son, il suffirait de court-circuiter la bobine (faire un court-circuit entre le + et le -) ; mais ceci est évidemment impossible car cela court-circuiterait également la sortie de l’ampli… vous voyez le dilemme !!
Le fabricant de l’ampli a donc tout intérêt à faire en sorte que l’impédance de sortie de son ampli (donc la résistance de la sortie qui sera vue par le haut-parleur) soit la plus petite possible ; plus cette résistance sera petite, moins la membrane pourra bouger librement et moins la bobine produira de tension de son côté et en conséquence : l’ampli pourra mieux maîtriser et contrôler le HP.
J’espère que c’est clair et limpide jusqu’ici…

Pour définir la faculté de cette maîtrise de l’ampli, on a donc eu la bonne (?) idée de créer une valeur qu’on appelle le Facteur d’Amortissement (Damping Factor) qui correspond en fait au quotient de l’impédance du HP divisé par l’impédance de sortie de l’ampli ! Un exemple simple : le HP fait 8 Ohms et l’impédance de sortie de l’ampli est de 0,008 Ohms ; on obtient un DF de 1000 (8 divisé par 0,008) . C'est cette valeur-là qui est généralement publié dans les specs techniques du constructeur et cela veut dire aussi que plus l’impédance de sortie de l’ampli sera petite plus le DF sera grand et moins on aura de problèmes de résonance etc… ; mais cela signifie aussi que de l’autre côté le DF diminue quand l’impédance du HP diminue : un DF de 1000 avec HP de 8 Ohms tombe à 250 avec un HP de 2 Ohms etc
Simple, non ?!?

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Un Chiffre Virtuel ? - cherchez l'erreur !

Mais voilà une première très grosse erreur de ceux qui calculent ainsi : ils font comme s’il n’existait rien entre l’ampli et le HP !! Mais les deux sont évidemment bien reliés par un câble et des connectiques (qu’il faut prendre en compte !!) ; et qui dit câble, dit résistance. Cette résistance faussera évidemment et très sérieusement le calcul virtuel et théorique ci-dessus !! Fin de parenthèse !

Donc, finalement, les choses ne sont pas aussi simples que les chiffres veulent nous le faire croire ! Voilà que tout commence à se compliquer, et je veux démontrer que ce chiffre constructeur est un truc (presque) bidon et vide de sens tant qu’on ne précise pas les autres facteurs très importants (comme par exemple cet imbroglio de câbles comme si le transfert de la tension se faisait par miracle et en HF sans passer dans un câble). Mais encore d’autres facteurs troublent à leur tour le tableau :

Une impédance n’est pas une résistance pure, mais une valeur qui change avec la fréquence !! Regardez par exemple la courbe d’impédance d’un HP ; le HP est donné pour disons 8 Ohms (sa valeur résistive) mais selon la fréquence qu’on lui envoie, cette résistance peut en fait varier entre 6 et 50 Ohms (et même beaucoup plus dès qu’on approche les fréquences de résonance du HP) et puis un HP qui pousse, chauffe aussi et quand ça chauffe la résistivité augmente également !
Ce qui est vrai pour le HP est évidemment aussi vrai pour la sortie d’un ampli !! On y trouve une impédance et non pas une résistance fixe, en conséquence, là aussi, la résistance change avec la fréquence !
Alors dans ce cas comment peut-on faire un calcul (dans notre cas la division des deux valeurs résistives) quand celles-ci changent en permanence ??
Le commercial et beau gosse qui veut vendre son produit a trouvé l’astuce qui tue.
Il s’est dit : je vais prendre la valeur résistive de l’impédance de l’ampli à une fréquence donnée (généralement 1kHz mais parfois aussi à 100 Hertz) et calculer le tout pour un HP d’une valeur résistive de 8 Ohms (ce qui donne bien entendu un meilleur DF que de le calculer pour 2 ou 4 Ohms... et remarquez également que le constructeur donne par contre de préférence la puissance sous 2 ou 4 Ohms => meilleur chiffre que sous 8...).
Cela simplifie, en effet, énormément les choses (et donne un beau chiffre concret -> le DF en question) mais ne nous avance à rien, car c’est un leurre : aucun HP ne présente en fait sa valeur résistive (par exmple 8 Ohms) à une fréquence de 1kHz (généralement l’impédance sera bien plus haute à cette fréquence – pour preuve allez regarder les graphiques et courbes d’impédances que certains fabricants d’HP publient.)
Et puis la résistance à 1kHz des divers HP de 8 Ohms (par exemple) peut varier énormément entre un modèle et un autre (le DF réel et réaliste varie donc également en fonction de la vraie valeur résistive du HP)

Donc pour revenir à notre exemple : si la partie résistive de l’impédance de sortie de l’ampli est de 0,008 Ohms à 1 kHz, le fabricant va automatiquement (et toujours) noter un DF de 1000 dans ses spécifications techniques (car 8 divisé par 0,008 font 1000 !) mais ça reste purement virtuel pour les raisons suivantes :

  • Cette valeur de sortie de l’ampli (valable uniquement pour 1kHz) changera certainement avec la fréquence.
  • La valeur du HP à cette fréquence (exemple 1kHz) n’est certainement pas celle qu’on prévoit virtuellement pour le calcul (les 8 Ohms nominale mais encore théoriques)
  • Il y a effectivement d'énormes différences (de valeurs R réelles) entre différents modèles d'HP ayant tous la même impédance nominale.
  • Rien n’est dit sur la puissance de sortie - car la puissance, donc la sollicitation de l’étage de sortie, ainsi que l’échauffement (compression thermique) influent évidemment et directement sur l’impédance (à la fois de l’ampli et du HP !! –> l’échauffement de la bobine par exemple fait monter sa résistivité !)
  • Le fabricant a tout simplement oublié que le câblage et les connectiques ajouteront leurs propres résistances au montage et doivent absolument être pris en compte pour les calculs.
  • Un autre point très important : le filtre passif ! En effet, la plupart des enceintes ont un filtre passif et celui interpose donc un certain nombre de composants électroniques entre le HP et l'ampli ce qui augmente la résistivité du montage et ce qui diminue encore plus le DF réel

En conclusion : on dirait qu'on a tout faux et ce fameux DF ne sert à rien tant qu’on n’a pas toutes les infos nécessaires pour faire un calcul concret et surtout correct pour un montage donné !!
C’est pour cette raison que j’ai écrit une petite feuille de calcul (que vous pourrez télécharger dans mes downloads) pour mieux comprendre de quoi il s’agit et qui permettra de s'approcher un peu plus de la réalité.

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La Réalité du Facteur d'Amortissement

Tous les spécialistes et professionnels affirment qu’un DF réel (!!) de 20 suffira pour garantir l’efficacité de la maîtrise de l’ampli sur le comportement du HP.
Un DF de 20 correspond en fait à une atténuation (freinage) de -26dB des mouvements de la membrane. Un DF de 10 correspond à –20dB et un DF de 50 (déjà excellent) à –33dB.

Voyons donc les choses une par une avant de conclure trop hâtivement.
Un ampli est relié à un HP par un câble à deux conducteurs et ce câble possède à chaque bout des connectiques. La bobine du HP ne voit donc pas seulement la résistance de la sortie de l’ampli mais également la résistance de chacune des 4 connectiques et des deux conducteurs du câble qui se trouvent en fait en série avec l’impédance de sortie de l’ampli.
Reprenons notre petit exemple avec un câble HP de 10 mètres : valeur de sortie de l’ampli = 0,008 Ohms (donc DF de 1000 selon le constructeur) ;
un connecteur ordinaire (contact de Speakon, XLR ou Jack etc) a une résistance d’environ 0,01 Ohms ; un câble d’une section de 1,5mm-carré a une résistance d’environ 1 Ohms pour 100 mètres donc de 0,1 Ohms pour 10 mètres.
La bobine du HP ne voit donc pas 0,008 Ohms mais en réalité :
0,008 Ohms + 4x 0,01 Ohms + 2x 0,1 Ohms donc = 0,248 Ohms !!

Oups, c’est là où ça fait mal, car si on calcule maintenant le Facteur d’Amortissement réel en divisant les 8 Ohms du HP par les 0,248 Ohms du montage de notre chaîne on obtient seulement 32,6 (au lieu des 1000 promis !) ; c’est un chiffre assez petit par rapport à ce qu’on a l’habitude d’entendre ou de lire mais tout de même encore bien assez suffisant (voir ci-dessus).

Mais poussons les choses encore un peu plus loin et comparons ce même montage avec deux amplis différents ; exemple un ampli avec un DF de 200 et un autre avec un DF de 5000 (selon les specs constructeur)
…eh ben, une fois le calcul fait, l'ampli avec DF de 200 donne en fait un DF réel de 25 (pour un HP de 8 Ohms) ; et celui avec DF de 5000 donne en fait un DF réel de 33 (pour un HP de 8 Ohms).
Le rapport de DF-constructeur des deux amplis de 5000 : 200 donc 25 : 1, s’est réduit à seulement 33 : 25 ou 1,3 : 1 une fois le câblage pris en compte --- curieux, non ??!!

Vous voyez que tout devient d’un coup très relatif, mais je veux aller encore beaucoup plus loin et on va reprendre notre ampli avec DF 200 (specs constructeur) qui a donc une valeur impédance de sortie de 0,04 Ohm (constructeur) ; si on utilise un câble de 4 mm-carré au lieu de 1,5mm-carré, la résistance totale des deux conducteurs tombera à 0,08 Ohms pour les 10 mètres (au lieu de 0,2 Ohms pour l’autre câble de 1,5mm)
Faisons donc notre calcul (en incluant également la résistance des connectiques) et on obtient un DF réel de 66,7… c’est excellentissime et même nettement supérieur (le double) au DF de l’ampli qui est donné pour 5000 mais monté avec du câble de 1,5 mm-carré.
Et n’oubliez pas que le DF est aussi tout relatif à l’impédance de l’enceinte : à 4 ohms on a la moitié et à 2 Ohms un quart de la valeur sous 8 Ohms.
Le Facteur d’Amortissement soi-disant fixe d’une certaine valeur fièrement annoncé dans les specs d'un constructeur, devient presque insaisissable et finalement tout petit et bêtement relatif par rapport à beaucoup d’autres facteurs. Dans tous les cas, il devient très très variable selon le montage réellement effectué.

En conclusion on peut donc constater que le câblage et la qualité des connectiques sont bien plus importants que les specs (arbitraires) données par le constructeur de l’ampli !!!!

En somme le rapport monstrueux de 1 à 50 entre deux amplis avec DF de 100 et DF de 5000 respectifs se réduit finalement au grand grand maxi à un rapport de 1 à 2, une fois que tout le montage et câblage sont pris en compte (triste vérité, mais vérité quand même !!)
Par contre dans la même déduction, on constatera quand même un rapport de 1 à 3 sur un même ampli en comparant les divers câbles actuellement utilisés entre 1,5 et 6 mm-carré. On retrouve en fait presque le même rapport que celui entre les sections de câble pour le DF résultant! Ce qui amène à dire aussi que la différence sur le DF réel entre un câble de 1,5 et 4 mm est bien plus importante que la différence entre un DF (constructeur) de 100 et un autre de 5000 pour un même câblage !!

Très intéressant, non ?!! Et cela devrait vous inciter à faire plus attention aux connectiques et câbles HP !

Tout cela n’est évidemment pas de mon invention personnelle et ce ne sont pas des calculs dans l’air qui ne veulent rien dire (contrairement à d’autres…). Des constructeurs comme Lab-Gruppen, QSC et D&B ont abandonné la pure politique commerciale du chiffre virtuel pour se rapprocher de la réalité - Lab par exemple n’a jamais publié de Damping-Factor ; et Bob Lee de QSC parle de ce sujet dès qu’il peut (par exemple sur leur Forum), pour remettre les idées en place. Vous trouverez des explications et d’autres articles sur leurs sites (c’est là et en discutant avec leurs ingénieurs, que j’ai appris ce que j’essaie de vulgariser ici avec des mots simples -> j'espère que les ingénieurs entre vous me pardonneront l'absence de spécifications scientifiques et un langage un peu vague...). Lab-Gruppen et D&B (et bien d’autres) ne publient plus un DF fantaisiste mais plutôt une valeur d’impédance de sortie de l’ampli, généralement mesuré à 1000 Hertz et/ou 100 Hertz. (en calcul classique et commercial, Lab-Gruppen et aussi D&B se contentent ainsi d’un petit DF entre 100 et 200, mais je pense que personne ne peut mettre en cause la terrible efficacité de leurs amplis , que ce soit pour du Sub ou pour du Fullrange…)

Plusieurs points qui n’apparaissent jamais dans les specs techniques constructeurs sont pourtant très importants et influent directement sur les performances d’un ampli :

  • La stabilité de l’impédance de sortie ; ce qui est garanti pour les amplis très haut de gamme ne l’est pas du tout pour l’entrée de gamme par exemple (tel ampli pas cher peut avoir un DF correct à 1kHz (du genre 500), mais peut terriblement chuter en dessous des 100 Hertz, car la valeur résistive de l’impédance de sortie va grimper)
  • La stabilité de l’alimentation ; ceci est lié directement à l’argument ci-dessus : une alimentation insuffisante entraîne forcément une forte augmentation de la résistance de sortie quand elle arrive à ses limites et quand l'ampli approche sa puissance nominale.
  • Dans ce même contexte la stabilité de la puissance, car un étage de sortie qui sature et /ou qui chauffe entraîne également une forte augmentation de la résistance (donc chute de DF)
  • Donc un DF virtuel de 200 (et DF réel de 20 ou plus) est déjà acceptable pourvu qu’il reste stable et valable pour toutes les situations et fréquences … et un autre de 2000 (et DF réel de 25 ou 30) ne sert à rien quand il chute en dessous de 5 et moins dès qu’on pousse l’ampli un peu fort ou dès qu’on descend en dessous des 100 hertz…

En premier lieu on doit donc retenir que la qualité de l’ampli ne peut pas se définir directement par la valeur du DF dans les specs techniques du constructeur et se calcule à chaque fois pour un montage et un HP donné et pécisé; mais qu’il est vraiment nécessaire de garder au moins un quotient de 10/1 entre l’impédance du HP et la résistance du montage (câble plus connectiques plus éventuellement le filtre) - Les plus courageux pourront démonter leurs enceintes et mesurer la résistivité du filtre passif..!!
En plus des conséquences parfois désastreuses sur le DF réel, un mauvais câble ou une mauvaise connectique entraînent directement une perte de puissance (résistance = consommation calorique = perte de tension). On peut dire qu’une perte de puissance jusqu’à -0,5dB reste encore acceptable, devient discutable ensuite mais est réellement inacceptable au delà de -1dB… !

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Impédance/Résistance

Je pense qu'il est nécessaire de s'attarder un peu sur ces deux termes car vous vous demandez certainement pourquoi j'utilise tantôt l'un et tantôt l'autre.
L'impédance est une valeur assez complexe qui ne se résume pas à un seul chiffre (la résistance en Ohms); la capacitivité (les Farad et micro-Farad etc...) et la fréquence (les Hertz) y interviennent également ce qui donne des courbes assez complexes avec des valeurs très variables et interdépendantes. L'impédance (Z =inductance ,capacitance et résistance !) est donc une variable dans le sens stricte du terme !
La résistance par contre est une valeur précise et calculable selon un matériel donné.

Le constructeur a évidemment le droit de noter un rapport de deux impédances données, ce qui se fait assez couramment par exemple pour notifier les rapports entre entrées et sorties de deux appareils connectés; mais cela reste très flou et virtuel en absence d'autres précisions (par exemple la fréquence)

D'un autre côté on ne peut pas simplement additionner Impédance (Z) et résistance (R) pour obtenir une nouvelle Impédance (Z); par exemple l'impédance d'une enceinte de 8 Ohms ne devient pas une impédance de 10 Ohms quand on y ajoute une résistance fixe de 2 Ohms en série !!
Par contre on peut très bien extraire le module résistif d'une Impédance donnée et calculer avec cela; dans notre cas d'un HP de 8 Ohms et pourvu que sa valeur résistive soit bien de 8 Ohms l'ajout d'une résistance de 2 Ohms en série donne une résistance de 10 Ohms

Donc pour des raisons de convention de langage, il convient effectivement de parler de résistance (ou module résistif) et non pas d'impédance quand on parle de calcul et de montage en série (câble connecteurs etc..) -> sinon toute mon argumentation resterait aussi virtuel qu'un rapport de deux variables (qui varient en plus indépendamment l'une de l'autre)

Le Calculateur

Sur mon petit calculateur, vous pouvez donc calculer la résistance du câblage par rapport à sa section et sa longueur ; et ceci vous permettra de calculer le DF réel par rapport au DF (virtuel) annoncé par le constructeur. Le calculateur vous permettra aussi de voir la perte de tension due à la résistance du câble (noté en dB).
Sachez qu’une perte d’un décibel correspond déjà à une perte de 20 pourcent de la puissance (c’est déjà énorme !! – de 100 Watts seulement 80 W arrivent au HP)

Encore quelques mots concernant l’utilisation et la fiabilité du calculateur :
Vous pouvez y inscrire soit le Damping-Factor (constructeur) soit l’impédance de sortie de l’ampli donné dans les specs techniques du constructeur; mais veillez à ce que ces deux valeurs-là soient cohérentes entre eux (affichage dans les cases bleus).
-> Le calcul dit "DF du Montage" s’effectue en fait sur la valeur "Ro" (résistance-out)!
La résistivité des câbles dépend évidemment de la qualité du câble ; j’ai pris des valeurs moyennes qui peuvent varier finalement d’un fabricant à l’autre.
Et puis très important : ce calculateur ne donne évidemment pas la réponse directe et précise à toutes les questions concernant le Facteur d'Amortissement, car il souffre en fait des mêmes incapacités basiques que je dénonce plus haut : à savoir, qu’il calcule avec des valeurs d’impédance (côté ampli et côté HP) comme s’il s’agissait de valeurs résistives fixes. Et puis il ne prend pas en compte la présence d’un éventuel filtre passif.

Donc ce calculateur ne donne qu’une approximation de ce qui se passe réellement, mais il a le mérite, d’être quand même bien plus près de la réalité que le virtuel et mystique DF des constructeurs qui ne prend même pas en compte la résistivité du câblage et des connectiques !!! Et il vous permet surtout de voir et comprendre la relativité du sujet et des valeurs annoncées par les constructeurs !
Si vous n’avez pas Excel, utilisez Open-Office qui est totalement gratuit et fonctionnel à 100% .

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Les Enceinte amplifiées

Après toutes ces explications sur l'importance du câblage, il est evident qu'on doit aussi parler des enceintes amplifiées, car dans ce cas on se passe de câblage externe et l'ampli est presque directement relié aux HP (pourvu qu'il n'y a pas de filtre passif).

Un fabricant qui a exploité vraiment à fond cette conception-là est John Meyer (mais il y a évidemment plein d'autres que je ne nommerai pas expressément !)
Outre la question pratique d'une telle enceinte (encombrement, facilité de montage, rendement etc) un très gros avantage réside évidemment dans l'absence de tout câblage externe. On  a ici donc le cas presque idéal où le facteur d'amortissement se calcule simplement tel que les fabricants d'ampli nous le proposent : par le quotient entre l'impédance du HP et l'impédance de sortie de l'ampli !
On n'a donc presque plus de perte de gain/tension et presque plus de dégradations du DF. Si on y ajoute que le fabricant a presque toujours installé aussi un petit DSP qui veille à la protection/limitation et à l'optimisation de rendement de l'enceinte amplifiée, on comprend facilement pourquoi ces enceintes-là sont souvent si terriblement efficace avec relativement peu de puissance en Watt (valable évidemment et seulement pour la vraie qualité et généralement pour le haut de gamme, car dans le bas de gamme on trouve de tout.... comme d'hab : du bon et du moins bon !!)

Conseils et Conclusions

Quelques petits conseils pour finir :

    • Veiller à utiliser toujours des câbles de forte section, de bonne qualité et de longueur raisonnable (pas au delà de 15 mètres si possible)
    • Utiliser seulement des connectiques de très bonne qualité
    • Nettoyer et dépoussiérer régulièrement. Si vous travaillez souvent en extérieur ou dans des endroits poussiéreux !
    • Penser qu’un montage sous 2 Ohms entraîne obligatoirement un Facteur d’Amortissement très très faible. On perd du punch mais on augmente aussi les risques d’endommager le HP.
    • Un montage à très basse charge (genre 2 Ohms) fait monter l'appel de courant (Ampères) ce qui demande à augmenter la section des câbles utilisés !!!
    • Essayer de garder toujours au moins un rapport de 10 :1 (minimum!) entre l’impédance de l’enceinte et la résistance du câblage (utilisez mon calculateur pour cela)
    • Veiller à ne jamais dépasser les –1dB de perte de puissance ; essayer même de rester au delà de -0,5dB (utiliser mon calculateur pour cela)

Et puis j'aimerais conclure aussi en précisant ceci:
Suite à cet article, il ne faudrait pas non plus tomber dans l'autre extrême et se dire que ce Facteur d'Amortissement ne sert finalement à rien du tout. Ce ne serait pas vrai non plus, car il donne quand même un certain critère de comparaison et d'appréciation du matériel. Seulement il faut bien garder en tête tout ce qui a été dit plus haut : c'est-à-dire que le chiffre tout seul ne dit pas grand chose quand on ne regarde pas le montage dans son ensemble et quand on ne prend pas en considération la qualité générale de l'ampli. Je pense qu'il est inutile de préciser qu'un ampli très haut de gamme de Lab ou de D&B avec un DF annoncé même assez bas (exemple 150 ou 200) sera toujours supérieure à un ampli d'entrée de gamme (sans nommer des fabricants....) qui annonce du 500 ou 700 !!

Et puis n'oubliez pas non plus qu'un aspect très important n'a pas été pris en compte ici (ni dans mon calculateur, d'ailleurs) : c'est le filtre passif d'une enceinte, qui ajoutera sans aucun doute de la valeur résistive au montage et qui abaissera donc encore plus le DF réel !!

(j"aimerais remercier aussi les copains, notamment Gégé et les deux Didier pour leur contribution....)
© Ziggy Nov 2008

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